Si vous êtes, tout comme moi, utilisateurs des transports en commun montréalais, vous aurez sans doute remarqué quelque chose de différent à la station Berri-UQAM. En effet, on a vu apparaître, il y a environ 3 semaines, des mains gantées un peu partout sur les murs près des quais de la ligne orange. Ces mains se sont ensuite transformées, la semaine dernière, en représentations, pratiquement grandeur nature, de Didier Ze Mime, le personnage muet de Didier Lucien qui est présent depuis déjà quelques temps sur les Internets, sous la forme de capsules vidéo, billets sur un blog et jeux flash.
Je me demandais au départ ce que pouvait bien vouloir communiquer la présence de ce personnage, ce dernier n’étant pas, à ma connaissance, associé à une marque en particulier (bien qu’il semble qu’il ait participé à une campagne pour Whippet). Un article du journal Métro m’a finalement éclairé quant à la nature de cette présence, qui, à mon avis, est particulièrement intéressante. En effet, le personnage s’est associé au réseau Métrovision qui gère l’ensemble des écrans de télévision qui meublent les quais de plusieurs stations, et prochainement les wagons. Il apparaîtra dans de courtes capsules qui feront le lien entre les divers segments qui sont diffusés, comme la météo, les spectacles è venir, etc.
Par contre, l’aspect qui est, à mon avis, le plus intéressant de cette nouvelle association, c’est la possibilité d’utiliser le personnage dans une campagne publicitaire. En effet, on laisse la possibilité aux annonceurs qui diffusent des publicités sur le réseau en question de concevoir des campagnes qui utilisent Didier Ze Mime. Cette option peut être très intéressante, car une publicité vidéo conçue pour la télévision ne se prête pas nécessairement bien à ce médium, qui présente la vidéo mais sans son. Le mime vient donc permettre une forme de communication autre que le texte dans la vidéo.
D’accord, cette association est surprenante et plutôt intéressante, mais est-elle viable ? C’est sur ce point que j’ai de gros doutes. Entendons-nous, en général, la publicité sert à se différencier de nos concurrents. Or, si plusieurs annonceurs décident d’utiliser le mime dans leurs publicités, ne perdent-ils pas de leur unicité ? Ce modèle de libre disponibilité du personnage ne durera pas, selon moi. Dès qu’un annonceur aura mis la main dessus, plus personne ne voudra l’utiliser, sauf peut-être si une petite entreprise, oeuvrant dans un domaine différent, utilise le mime de façon à s’accrocher au plus gros annonceur et à bénéficier de sa notoriété.
Bref, voyons ce qui arrivera avec le sympathique mime, et espérons qu’il saura nous divertir un peu pendant les interminables et Ô combien fréquentes pannes de métro.